John Mac Enroe, ancien n°1 mondial et détenteur de 7 titres du Grand Chelem, s’y connait en spectacle et personnalité, lui qui a animé et disputé face à ses rivaux de toujours Bjorn Borg, Jimmy Connors et autre Ivan Lendl, des parties d’anthologie sur terre battue, sur gazon ou sur les courts en dur de Flushing Meadows.
Devenu observateur du monde de la petite balle jaune depuis sa retraite à la fin de l’année 1992, pratiquant et adepte du beau jeu, l’Américain ne mâche pas ces mots : " … ces cinq dernières années, la qualité du tennis masculin a totalement éclipsé le jeu tel qu’il se pratique chez les femmes." Il estime même avoir vu l’un des plus beaux matchs de sa vie lors de la finale Nadal-Federer à Wimbledon cette année.
Il continue : "De nombreuses filles ont pris leur retraite. Les soeurs Williams, quand elles sont motivées, demeurent probablement les meilleures joueuses du monde et offrent du spectacle. Mais il y plus de personnalités chez les messieurs". Et John sait de quoi il parle quand il s’agit de caractère et de personnalité. Il a mentionné Federer, Nadal, Djokovic, Murray et Tsonga.
Est-ce une raison suffisante pour qualifier l’ancien champion américain de mysogyne ?
Mac Enroe confond peut-être seulement beauté du jeu, émotion dans le match et personnalité des joueuses/joueurs.
Qu’il s’agisse du tennis féminin ou masculin, le jeu s’est déplacé vers l’arrière depuis plusieurs années avec les multiples attaquants de fond de court, finis les services volées des Mac Enroe, Sampras, voire Ivanisevic. Même Federer ne monte presque plus à la volée sur le gazon de Wimbledon.
Des matchs à émotion ? Chaque nouvelle année tennistique nous en donne : Henin contre Sharapova au Masters 2007, la victoire de Mauresmo en finale de Wimbledon contre la même Belge, Tsonga contre Nadal à l’Open d’Australie 2008, plus récemment, Murray contre Federer au Masters.
De la personnalité ? Pour arriver au niveau qui est le leur, tous ces joueuses et joueurs ont non seulement du talent mais aussi une combativité hors norme. Les colères mémorables de Mac Enroe contre les arbitres et leurs décisions ne sont pas la marque d’une personnalité mais plutôt celle d’un (très) mauvais caractère…