Comment un quintuple vainqueur de Wimbledon s’est mis au caleçon…
lundi 30 juillet 2007, par Eric Toulalan
Londres. Nous sommes au début du mois de Juin 1980. Un joueur met un genou à terre sur le Central Court du All England’s Club en levant les bras au ciel. Il vient de gagner le cinquième set de la finale qui l’oppose au jeune John Mac Enroe. Un match qui marque la future passation de pouvoir entre les 2 hommes.
Ce champion s’appellait Björn Borg.
2 ans et demi plus tard, le 23 Janvier 1983, il annoncera sa "première" retraite, à seulement 26 ans. C’est aussi le temps de ses premières expériences en tant qu’homme d’affaires. Il y laisse quelques plumes en faisant trop confiance à un associé véreux. Las, il doit déposer le bilan de ses sociétés. Puis vient le temps des dépressions… La fin des années 80 le voit passer le plus clair de son temps dans une clinique milanaise. Le résident de la jet-set multiplie les déboires amoureux et les affaires hasardeuses. Il s’exile à Monaco, l’ancien théâtre de ses exploits sportifs.
Il tente de revenir sur le devant de la scène tennistique en 1991. Il accumule les défaites au premier tour avant de définitivement raccrocher son vieux petit tamis en bois Donnay en 1993. Il a alors 37 ans.
Il y a un an, nouvel attaque du fisc suédois qui lui réclame 1,5 millions d’euros sur les royalties encaissées sur les ventes de ses produits. Borg pense alors à vendre ses raquettes et ses trophées pour payer ce que lui demande le gouvernement suèdois. André Agassi, horrifié, se propose de racheter les trophées pour ne pas les laisser sortir du milieu.
On pense à une nouvelle mésaventure pour le caliméro du tennis mais nan ! L’ancien champion vient d’introduire sa société en Bourse. Il a mis sur pied une entreprise spécialisée dans les caleçons, les parfums et les accessoires (35,5 millions d’euros l’an passé). Björn Borg AG est déjà présente dans une dizaine de pays en Europe. Le tennisman envisage d’ouvrir des boutiques dans les capitales européennes. Son entreprise, qui emploie 49 personnes, est soutenue par des actionnaires prestigieux, parmi lesquels les Wallenberg et le groupe H & M.
Borg n’est pas aux rennes de la société : il a cédé son nom pour quelque 14 millions d’euros, plus un pourcentage sur le CA. Il participe à la conception et la commercialisation des produits. Il est maintenant le principal rival de Calvin Klein en Europe. Réputés pour le confort de leur coupe et pour la qualité de leur coton, ces sous-vêtements siglés Björn Borg sont des "must have" des people du monde entier.
Côté coeur, le Suèdois aux nerfs d’acier a refait sa vie avec une compatriote de vingt ans sa cadette… Comme quoi il ne faut jamais renoncer…