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Le secret russe …

Comment mettre sur pied la nouvelle nation du Tennis …

mercredi 6 décembre 2006, par Eric Toulalan


Avril 1990, Monte-Carlo, finale de l’Open qui se joue sur terre battue, tournoi préparatoire des Internationaux de France qui se déroule un mois après. Andreï Chesnokov va succèder à Alberto Mancini au palmarès de l’épreuve en battant en 3 sets secs l’autrichien Thomas Muster (7/5, 6/3, 6/3). Demi-finaliste en 89 à Roland Garros, le russe est N°10 mondial, ce qui sera proche du meilleur classement de toute sa carrière (9e). Au cours de celle-ci, Chesnokov va participer à deux finales de Coupe Davis, en 1994 et 1995, toutes deux perdues et jouées sous la direction du même capitaine, Chamil Tarpitchev. A l’époque, celui qui deviendra le président de la Fédération Russe de Tennis ainsi que Membre du Comité International Olympique, va soutenir son joueur vedette dans sa lutte pour accèder à un statut "normal" de joueur professionnel.

Le président de la Fédération à cette époque a pour nom Igor Volk, c’est un ancien cosmonaute et il va s’efforcer de rendre indépendante et autonome du ministère des Sports son organisation. En 1990, c’est encore le Gokomsport de l’URSS, qui décide de tous les mouvements des joueurs et joueuses russes. Il reverse des primes pouvant aller jusqu’à 800 dollars par tête et … empoche tous les gains des tournois disputés.

Du coup, certaines et certains, comme Zvereva et Chesnokov, ne vont plus donner un centime à leur fédération, ni au Gokomsport. Ce qui est encore l’URSS en a pourtant besoin pour développer ce sport, qui bien qu’individuel en devient très populaire depuis qu’il a été mis en place … en 1983. C’est sous l’essor de Boris Nikolaïevitch Eltsine, qui se montrera à la télévision russe raquette à la main, et de son conseiller … Chamil Tarpitchev, que le tennis passera peu à peu du statut de sport de l’élite sous les Soviets à celui de second sport le plus pratiqué, de 1991 à 1999. Le nombre de tournois organisés en Russie est multiplié par 10. On passe de 90 courts couverts sous Gorbatchev à plus de 500 aujourd’hui.

Tarpitchev, ancien joueur de haut niveau, va patiemment développer non seulement l’aura du tennis en Russie mais aussi forger les bases de ce qui allait devenir une dizaine d’année plus tard l’une des plus grandes nations de tennis :
- 4 finales de Coupe Davis, dont 2 gagnées en 2002 contre la France et en 2006 contre l’Argentine,
- 4 finales de Fed Cup, dont 2 gagnés en 2004 et 2005 contre la France,
- 1 homme au sommet de l’ATP, Ievgueni Kafelnikov, en 1999,
- 4 Grand Chelems masculins (Kafelnikov : Open d’Australie 1996 et Roland Garros 1999, Safin : US Open 2000 et Open d’Australie 2005)
- 4 Grands Chelems féminins (Myskina : Roland Garros 2004, Kuznetsova : US Open 2004, Sharapova : Wimbledon 2004 et US Open 2006)

Davidenko est N°3 mondial en cette fin d’année 2006. Marat Safin est capable du meilleur s’il fait le ménage dans sa tête. Tursunov a prouvé qu’il avait la trempe pour intégrer le Top 10 de l’ATP dans peu de temps. La lauréate de l’US Open 2006, Maria Sharapova n’a que 19 ans et termine vice-championne 2006 après sa défaite en finale au Masters de Madrid contre une exceptionnelle Justine Henin-Hardenne. Derrière elle, la relève point déjà son nez chez les Juniors Filles : Anastasia Pavliouchenkova a effectué un petit chelem ne "manquant" que l’Open d’Australie … Elle n’a que 15 ans.

Logo de la Fédération de Tennis Russe Un homme est derrière tout cela. Il se nomme Chamil Tarpitchev. Non content d’approcher le record de l’Australien Neale Fraser du nombre de matchs remportés en Coupe Davis (il est de 49, le Russe a fait remporter 47 matchs à son équipe pour 23 défaites, à 58 ans, il a tout le temps d’y parvenir), le président de la Fédération de Tennis russe a aussi instauré ce climat de liberté , cette atmosphère détendue au sein de l’équipe de Coupe Davis. Cela n’avait pas été le cas en 2002 avec la rivalité Kafelnikov-Safin. Aujourd’hui, il ne reste plus qu’une seule star, car même s’il n’est que 26e mondial, le tatare Safin est toujours le leader charismatique du quatuor des Tsars : Davidenko, Tursunov, Youzhny et lui-même.

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