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Nouveau Roland Garros : Paris a gagné

lundi 14 février 2011, par Eric Toulalan

Vous l’aviez tous remarqué si vous avez passé une journée au moins dans l’enceinte de Roland Garros à la Porte d’Auteuil lors des 5 dernières années : il faut de la place, de l’air et des espaces pour survivre dans cette marée humaine, qui inonde le seul tournoi du Grand Chelem sur terre battue lors des derniers jours de d’avril.

1er acte de ce feuilleton : décembre 2001, après la (dernière) victoire en Coupe Davis de l’équipe de France en Australie. Le Président de la FFT à l’époque, le très contreversé Christian Bîmes veut s’offrir la dernière nouveauté technique qu’il a vu à l’oeuvre à Melbourne, un toit rétractable sur un grand court type central ou n°1.

2e acte : le 21 Mai 2003 avec la candidature officielle de Paris pour l’organisation des Jeux Olympiques de 2012. Le projet d’extension de l’enceinte de Roland Garros prend vraiment corps. Les réticences de la Mairie de Paris et des riverains pourraient même être balayées par une loi olympique si on obtenait les Jeux.

3e acte : 2005, Londres gagne le droit d’organiser la compétition chère à Mr. de Coubertin, la Perfide Albion l’emporte et Roland Garros retrouve sa taille première.

4e acte : mi 2009, sous la pression de Madrid, de la Chine et peut-être des joueurs ou des spectateurs (on arrivait aux limites de la sécurité sur le Stade de la Porte d’Auteuil, donc plus de possibilité pour augmenter les recettes…), la FFT relance le débat sur l’extension de Roland Garros, voire de son déménagement pur et simple en région parisienne.

5e acte : dimanche 12 Février 2011, la Fédération vote pour choisir l’un des 4 projets sélectionnés pour assurer le projet d’extension ou délocalisation du seul tournoi du Grand Chelem sur terre battue.

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Et avec un toit retractable… ?

4 projets sont candidats :
- le plus naturel, le moins cher (250 Millions d’Euros), le moins ambitieux (13,5 hectares à terme) et le moins sympathique pour le CNE (Centre National d’Entrainement) : le projet de rester à la Porte d’Auteuil entre le Bois de Boulogne, Boulogne et Paris en occupant les Serres d’Auteuil (à ce sujet, les riverains, emmenés par Françoise Hardy, ne sont pas contents du tout mais il paraît que les serres anciennes seront préservés et de nouvelles, plus modernes, crées) et en transférant le CNE sur le site du Stade Georges Hébert (site en commun avec des scolaires, ça risque de changer nos champions en herbe).
- le plus viable du côté de l’image : celui de Versailles, sur le site des Matelots à Satory. D’un coup relativement élevé (510 Millions Euros), le futur site serait de 35 hectares, avec un central de 18.000 places et un central bis (12.000 spectateurs) couvrables.
- le plus loin de Paris : celui de Marne-la-Vallée, à 35 km de la capitale. Le coût serait un plus élevé que celui de Versailles tandis que les prestations seraient semblables. Seuls avantages : le site serait la propriété de la FFT à la différence des 2 projets précédents où elle ne bénéficierait que d’un bail de plusieurs dizaines d’années et les écologistes ou les riverains n’ont pas l’air de s’intéresser à ce site éloigné de Paris et des projecteurs. Par contre le prestige en prend un court et on peut s’attendre à un amalgame avec Disney : Nadal en Mickey et Federer en Donald ?
- le moins crédible : le projet de Gonesse sur 32 hectares pour un montant de 473 Millions d’Euros. C’est courageux d’avoir essayé mais qui aurait envie d’aller là-bas ?

Samedi dernier, le Maire de Paris, interrogé par la presse, s’annoncait confiant dans le fait que Paris avait le meilleur dossier. Et Bertrand Delanoé a eu raison puisque les votants de la FFT (représentants de ligues régionales et des comités départementaux) ont majoritairement choisi de laisser l’évènement sportif le plus rentable pour la Fédération à Paris sur le site de la Porte d’Auteuil.

Le Président a même fait son irréductible Gaulois, adepte de la résistance face aux forces extérieures en déclarant : "Cela nous permettra de nous singulariser des autres Grands Chelems (…) et de briller dans le monde entier pour des décennies, à contre-courant du gigantisme à la mode".

Jean Gachassin a, par ailleurs, reconnu que les derniers gestes de la Mairie de Paris avait beaucoup aidé à la décision finale : la commune a en effet passer la durée du bail de 70 à 99 ans, octroyé des bâtiments supplémentaires et doter la rénovation/extension du stade d’une subvention de 20 Millions d’Euros.

Après ses travaux, dont on devrait voir les premiers effets d’ici à 2016, Roland Garros restera toujours le plus petit des tournois du Grand Chelem en superficie mais on peut espérer pouvoir marcher dans les allées bordant les grands courts d’ici 5 ans.

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