samedi 10 février 2007, par Eric Toulalan
Si vous suivez l’Open Gaz de France 2007, qui se joue en ce moment au Stade de Coubertin, vous avez dû penser que Camille Pin était souvent blessée en fin de set du fait de la présence de quelqu’un à ses côtés pendant ces moments-là. Heureusement pour elle, ce n’est pas de déchirure ou d’élongations qu’il était question, mais bien de conseils de jeu, de coaching.
En effet, le tournoi WTA français est l’un de ceux du circuit à expérimenter cette nouvelle règle qui permet aux entraineurs de venir parler avec sa joueuse.
Hier, pour son entrée en lice, Amélie Mauresmo, qui s’était pourtant prononcée contre cette pratique, a fait rentrer Loic Courteau pendant le match pour avoir sa vision des choses vues de l’extérieur. Elle s’est finalement déclarée plutôt favorable à cette nouvelle règle.
Certaines de nos joueuses sont contre.
Nathalie Dechy : « La joueuse doit réfléchir pour s’en sortir si elle est en difficulté. »
Tatiana Golovin, encore plus tranchante, « En tennis, on se débrouille seule. »
Les entraineurs qui rentrent sur le terrain, sont équipés d’un micro afin que les téléspectacteurs puissent suivre ce qu’ils conseillent aux joueuses. Ce dispositif rappelle celui mis en place lors des rencontres par équipes, que ce soit la Coupe Davis ou la Fed Cup. Certes, cela rajoute un peu d’intérêt dans un match, les gens derrière leur télévision, peuvent essayer de juger de l’efficacité et donc de la pertinence des conseils prodigués par le coach.
Dinara Safina n’avait visiblement pas compris le principe, puisqu’elle a dialogué par regards et signes avec son entraineur pendant la plupart des jeux cruciaux du dernier set contre Camille Pin, jusqu’à ce qu’elle se prenne un avertissement par l’arbitre de chaise, qui n’était pas dupe de ce petit jeu. Nonobstant cet incident, la joueuse est allée toute seule chercher la victoire contre la Française, qui se défendait à merveille contre les frappes de Safina.
Cette expérience, démarrée par la WTA au tournoi de Montréal l’an dernier, va être menée jusqu’au tournoi de Rome, juste avant Roland Garros. Les instances officielles du circuit féminin décideront alors de la mise en place définitive ou non de cette règle.
Le tennis reste un sport individuel et cela fait partie de la compétition de devoir aller chercher les solutions soi-même sans l’aide de quelqu’un d’extérieur. Si le tennis va dans ce sens là, le rôle de la joueuse ou du joueur va plus s’apparenter à celui d’une machine physique et technique, à laquelle le coach demandera de joueur court lifté sur le revers de son adversaire ou de servir slicé en deuxième balle ou de … Bref, l’entraineur sera le cerveau, la joueuse éxecutera… Le sens tactique, si présent dans les jeux de Mauresmo, Hingis ou Federer, n’aura plus raison d’être…