Pour éviter que les stars partent trop tôt…
samedi 30 décembre 2006, par Eric Toulalan
"Round Robin", traduit par "pétition" est (comme son orthographe ne l’indique pas) en partie d’origine française. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, les paysans remettaient au seigneur en place une pétition pour appuyer leur revendication. La réaction ne se faisait pas attendre, on faisait éxécuter les 2 ou 3 premiers signataires dudit document et tout le monde était calmé pour un moment. Du coup, les signatures furent apposées de manière circulaire à la fin du document, comme une sorte de "RUBAN" (qui se traduit ribbon en anglais) de telle sorte qu’on ne pouvait désigner personne comme premier de liste. Le principe fut repris plus tard par des marins de la British Royal Navy et son nom aurait évolué au fil des ans en Round Robin.
Toujours est-il qu’aujourd’hui, en sport, ce terme désigne un tournoi au cours duquel tous les participants se rencontrent entre eux, le but étant maintenant de finir premier de la Round Robin. Ce principe est donc assimilable à celui des championnats par poules.
Garder les stars plus longtemps L’ATP a décidé en fin d’année dernière de modifier pour un certain nombre de tournois la manière de disputer la compétition en introduisant notamment ce principe de Round Robin pour déterminer les quarts de finaliste. Au lieu de disputer les matchs de 32e, 16e et 8e de finale(dépendant du nombre total de joueurs dans le tableau principal tournoi), les joueurs sont regroupés par poules de 3 et vont donc effectuer au moins 2 matchs chacun.
L’un des buts affichés de cette mesure est de permettre aux spectateurs de voir plus de matchs avec leurs stars favorites, rendant plus pardonnable le coup de fatigue d’un jour.
Comment ça marche ?
Seul le premier de chaque poule est qualifié pour les quarts de finale. Le classement final à l’intérieur d’une poule est déterminé par les critères suivants pris dans l’ordre :
A cela il faut ajouter qu’une joueur qui abandonne pendant un match de poule pour cause de maladie ou blessure, peut continuer la compétition au match suivant si le directeur du tournoi le permet.
Première expérience
C’est au tournoi d’Adelaïde que la formule de Round Robin est expérimentée. Le premier bilan voit des joueurs assez mécontents du principe.
Arnaud Clément trouve que « c’est contre l’esprit du jeu.Le tennis est un sport individuel à élimination directe et on en change complètement la philosophie en permettant à un joueur qui a perdu un match de pouvoir encore par la suite gagner le tournoi. »
Leyton Hewitt est plus pragmatique et émet des réserves quant à la lisibilité du tableau et l’organisation des tournois.
Enfin, Sébastien Grosjean déclarait que ce système allait faire jouer pour chaque joueur « six matches au lieu de cinq si l’on va au bout alors que l’on dit qu’il faut jouer moins de matches » par tournoi et trouvait « honteux que les joueurs n’aient pas été consultés. »
La dernière invention marketing des promoteurs du circuit masculin a donc l’air de ne pas être du goût des acteurs classés après la 20e place puisque la probabilité de voir des têtes de série éliminées prématurément et donc de gagner un tournoi relativement (plus) facilement va baisser.
Mais peut-être ces commentaires acerbes ne sont que le reflet du mécontentement de leur première performance médiocre de l’année ? En effet, seules les 2 premières têtes de série ont survécu à l’épreuve des poules en Australie. A l’exception de Florent Serra, qui dut abandonner pour maladie, les 5 autres nominés ont été éliminés laissant leur place à des joueurs plus méritant.
Toujours est-il que l’esprit de la compétition tennistique est bien l’élimination directe, tour après tour, pour récompenser la joueuse ou le joueur en forme du moment… et non pour essayer de garder le plus de têtes de série en course jusqu’à la fin.
A suivre donc…