En fin de carrière, certaines joueuses deviennent entraineur, coach ou tout simplement goûtent une vie familiale bien remplie. D’autres, à l’instar de Navratilova ne peuvent plus s’arrêter… impossible de quitter leur passion. Agassi, Graf et Sabatini sont devenus les ambassadeurs de nobles causes.
Très rares sont celles ou ceux qui se tournent vers … la religion. Andrea Jaeger est de cette famille. Depuis 3 mois, elle est devenue Soeur Jaeger, une nonne dominicaine de l’église épiscopale, vêtue de l’uniforme noir comme ses condisciples. Elle est agée de 41 ans. Elle a posé récemment pour un journaliste du Daily News en habit de religieuse portant une raquette et son nouvel instrument, une bible à la couverture en cuir marron.
Andrea Jaeger fut la petite merveille du tennis féminin américain des années 80. Née en 1965 de parents allemands émigrés aux Etats Unis, elle commence le tennis à 8 ans, devient rapidement une des meilleures juniors de sa génération avant de passer professionnelle à l’âge de 14 ans et de gagner son premier titre à Las Vegas.
N°2 mondiale à seulement 16 ans, elle atteint les finales de Roland Garros en 1982 et de Wimbledon en 1983. Elle bat les meilleures joueuses de l’époque, Chris Evert et Martina Navratilova. En 1984, au stade de la Porte d’Auteuil, elle souffre pour la première fois de son épaule. Cette blessure sonnera la fin de sa carrière en 1985. Elle aura gagné 12 titres dont 4 en double (un Roland Garros en mixte avec Jimmy Arias en 1981). Elle aura gagné 1,4 millions de dollars dans toute sa courte carrière.
Elle va alors s’investir dans les oeuvres de bienfaisance et notamment dans sa fondation pour venir en aide aux enfants atteints de leucémie tout d’abord, puis à tous ces jeunes maltraités. Elle obtiendra les supports du maire de New York Bloomberg, de John Mac Enroe, son amie Cindy Crawford et Paul Newman. Elle-même a d’ailleurs investi toute sa fortune dans son organisation de bienfaisance.
Le plus étrange à propos de Soeur Jaeger, c’est qu’elle a avoué avoir perdu volontairement contre certaines de ses grandes rivales, parce qu’elle ne voulait pas faire de mal aux autres, y compris ses victimes tennistiques et cela même si cela faisait partie du jeu. Pour exemple, lors du second tournoi de sa carrière, Jaeger a battu la vétéran américaine Wendy Turnbull. Cette dernière, dégouté d’avoir perdu contre une adolescente de 14 ans, but une bouteille de vin pour oublier sa défaite. Ce fait, qui aurait amusé n’importe qui d’autre, perturba tellement la jeune Andrea qu’elle ne gagna aucun autre match qui l’opposa à Turnbull même si celle-ci lui était nettement inférieure. De même, elle serait devenue N°1 mondiale si elle avait battu Pam Shriver en quart de finale de l’US Open en 1983.
C’est l’histoire d’une petite surdouée, qui aimait jouer au tennis mais voulait aider le monde entier. Elle a donc choisi de servir Dieu, celui qu’elle appelle "son meilleur ami".