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Stress, anxiété et performance.

jeudi 18 janvier 2007, par Kildine Albert

Qui n’a jamais connu de moments de stress, d’angoisses avant et/ou pendant un match de tennis ? Et oui, ça arrive à tout le monde… l’important est de savoir identifier ses peurs pour pouvoir les contenir et même les dépasser !

Qu’est-ce que le stress ?

Une expérience stressante est le résultat d’une transaction entre le sujet et l’environnement. En effet, le joueur évalue la situation en fonction des ses ressources et si celles-ci sont insuffisantes, c’est-à-dire que la balance est négative, il y a apparition de stress ! Puisque le stress dépend des ressources du joueur, on comprendra aisément que cela varie d’un joueur à l’autre mais aussi d’un jour à l’autre. Nous devons alors prendre en considération l’enjeu du match pour le joueur et son niveau de motivation à ce moment là. Nous pouvons différencier deux types de stress chez les joueurs de tennis. Il y a le stress aigu où l’impact émotionnel est bref et important comme lorsque l’adversaire sort un coup foudroyant de nulle part et le stress chronique qui s’installe progressivement et génère un épuisement.

Le stress provoque des effets sur l’organisme. En effet, le corps réagit par des mécanismes physiologiques avec la réduction de la vision périphérique. Cela signifie que le joueur sera moins sensibles aux éléments pertinents et la performance en sera donc affectée. Le stress perturbe aussi les qualités de coordinations en limitant le relâchement musculaire, c’est ce qui fait qu’on va jouer “petit bras” sur un point important par exemple. Au niveau psychologique, le stress entraîne le “burnout”, il s’agit d’un syndrome qui provoque un comportement rigide, inadapté et exagéré.

Nous pouvons identifier 5 sources majeures de stress :
- les soucis, la peur de l’échec (aspects négatifs jugés par le joueur)
- les relations conflictuelles ou délicates avec les autres (adversaire, entraîneur, juge arbitre, parents…)
- les coûts de la discipline (en temps, en argent… surtout quand ils sont supérieurs aux bénéfices)
- les luttes personnelles (problème de poids, doutes sur son propre talent, remise en question de la reconnaissance de l’entraîneur…)
- les événements extérieurs (problèmes familiaux, à l’école, au travail…)

Mais ces “stresseurs” ne sont pas fixes, ils prennent plus ou moins d’importance les uns par rapport aux autres au cours de l’évolution de la vie du joueur.

Qu’est-ce que l’anxiété ?

L’anxiété est aussi une réponse de l’organisme, confronté aux demandes environnementales et se manifeste par un sentiment d’appréhension et de tension associé à un haut niveau d’activation de l’organisme. Il en résulte une composante somatique ou physiologique comme pour le stress accompagnée d’une composante cognitive ou psychologique (qui n’existe pas pour le stress). En effet, l’anxiété fait intervenir le cerveau et les mécanismes de perception ; le joueur cherche à interpréter la situation. L’incertitude du résultat ou la perception de l’importance du résultat peuvent générer de l’anxiété.

Au niveau psychologique, cela se traduit par des expectations pessimistes quant au succès, des auto-évaluations négatives et un manque de concentration : “Je suis trop nul, j’y arriverai jamais !”

Au niveau physiologique, nous pouvons constater une augmentation des fréquences cardiaque et respiratoire avec le souffle court, des sueurs froides… Ces deux composantes peuvent se renforcer mutuellement à la manière d’un cercle vicieux : quand on se voit dans un état anormal (sueurs), cela rajoute de l’anxiété psychologique.

Récapitulatif des grandes différences entre stress et anxiété et leur impact sur la performance.

Une situation stressante est une situation au coeur de l’action qui possède un caractère de menace ou de défi. Un joueur stressé peut quand même déboucher sur une solution comportementale ou émotionnelle efficace car il parvient à identifier la cause précise du problème.

En revanche, l’anxiété est souvent anticipatrice de l’action dans un contexte menaçant et entraîne une peur intense. Les causes sont ambiguës, imprécises et obscures. Le joueur a donc du mal à trouver la solution au problème qu’il ne parvient pas à identifier.

Le stress et l’anxiété vont donc avoir un impact négatif sur la performance car ils induisent un détournement de l’attention et affaiblissent les qualités physiques du joueur. Cependant, certaines théories (Yerkes et Dodson, 1906) montrent qu’il faut avoir un niveau d’éveil optimum pour être performant (Cf. Schéma) mais cela reste très généraliste. Il faut en effet, tenir compte des différences interindividuelles. De plus, ce niveau d’activation optimal reste en dessous des zones de stress et d’anxiété.

Un des meilleurs exempless tennistique qu’on puisse avoir sont les comportements d’avant match totalement opposés de Nadal et de Federer. Pendant que le premier écoute de la musique à fond, saute et court à la manière d’un boxeur dans les vestiaires, le second reste sagement assis sur un banc à côté pour trouver sa concentration.

Alors, faut-il mieux être stressé ou anxieux ?

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