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Couverture de magazines…

Tennis et Mode

jeudi 21 décembre 2006, par Eric Toulalan


On savait Maria Sharapova rapide et puissante, comme elle a pu nous le démontrer à New York lors du dernier US Open, mais aussi belle (regardez la !!) et riche (première en prize money sur 2006 : presque 3,8 millions de dollars).

Elle fait maintenant partie de la liste du magazine américain Vogue intitulée "The Originals, Best dressed" de l’année 2006, qui sera publiée dans l’édition du mois de Janvier 2007 (ce vendredi chez votre libraire favori s’il verse dans la presse étrangère).

Ce n’est pas la première (ni même la dernière fois) que la jeune joueuse russe (mais domiciliée depuis longtemps en Floride) fait la une de magazines ou de classement :
- Sport Magazine l’a nominé parmi les 20 athlètes les plus en vue au 21e siècle.
- YM Magazine la mentionne comme "l’une des 20 filles les plus cools des Etats Unis".
- Elle apparait sur la liste des 20 adolescents qui changeront le monde (traduction littérale de "…who will change the world…" - ils ont osé !) éditée par le journal Teen People.
- People Magazine la fait entrer en Mai 2005 dans la liste des 50 personnalités les plus belles … !

Et la WTA, sur la plus haute marche (respect ! Et tout ça à 18 ans, plus exactement en Août 2005).

Et il ne s’agit là que d’un début.

Chez les hommes, on savait que James Blake avait été mannequin … Celui qui fut élu l’athlète le plus sexy du monde (octroyé par People Magazine en 2002) - il a toujours un contrat avec IMG models et a posé pour DKNY et Kenneth Cole. Mais voilà que l’extra-terrestre du tennis masculin, Roger Federer, commençe à son tour à apparaitre sur les couvertures des magazines… et pas seulement ceux traitant de tennis ou de sport en général.

Ainsi, le Suisse fait partie de la liste des hommes les plus sexys de la planète éditée par la magazine People. Cette édition a été publiée le 17 novembre dernier. Si vous voulez en savoir plus, rendez vous à l’adresse suivante : http://www.people.com/people/package/sma2006/0,27542,,00.html

(Un indice : "What else ?")

Non content de sa place fraichement gagnée (mais qui a voté !!??), le Numéro 1 mondial incontesté de la petite balle jaune a posé en vrai mannequin (pull Gucci, veste Tuxedo, costumer Yves Saint Laurent) pour le magazine Vogue (encore eux !!) dans l’édition de décembre. Dans cet interview, le joueur nous révèle qu’il aime la mode mais qu’il ne s’y est pas toujours intéressé.

Plus tôt dans l’année, en septembre, après son sacre à l’US Open, Federer et sa petite amie Mirka Vavrinec avaient accepté une invitation de Vogue à un défilé du créateur Oscar de la Renta, l’une des mannequins lui offrant même un bouquet de roses blanches et rouges en plein déhanchement…

Tout cela traduit une inclinaison quasi naturelle de notre sport avec le monde de la mode et par extension celui de la jet-set. Les professionnels du tennis, femmes ou hommes, sont en fait quasiment des gens du spectacles, des comédiens pour lesquels la pièce n’est jamais la même, des intermittents à la carrière courte (grosso modo une quinzaine années) et à la performance fragile (blessures).

Depuis que le tennis a commençé à s’exhiber et à être diffusé dans les médias (presse, radio ou télé), la mode a fait partie intégrale de ce sport :
- Aidée par Jean Patou, Suzanne Lenglen n’a-t’elle pas libérée les joueuses de leur corset, en portant dès 1919 pour sa première victoire à Wimbledon une robe à manches courtes s’arrêtant en dessous du genou (une révolution pour l’époque !). La française fut aussi la première à arborer un bandeau serre-tête à la place … d’un chapeau (seulement à partir des années 1930, il fut considéré comme convenable de jouer au tennis tête nue…)
- Encore plus choquant que Lenglen, Alice Marble mis un short à partir de 1932.
- Gertrude Augusta Moran, appelée "Gussie" par les journaux britanniques, joua les internationaux d’Angleterre de 1949 vêtue d’une robe en satin qui laissait entrevoir une sorte de jupe culotte… toujours en blanc bien sûr, dessinée par le créateur Teddy Tingling, lui-même influencée par Dior.
- En 1966, le joueur de tennis en fin de carrière Sergio Tacchini va se lancer dans la conquête du marché du vêtement de sport en mettant de la couleur dans ses collections et en s’alliant avec les meilleurs joueurs mondiaux (Connors, Tanner, Nastase et Mac Enroe un peu plus tard). La tenue de BJ King
- Teddy Tingling qu’on retrouve à l’origine de la robe portée par Billie Jean King en 1973 pour le célèbre match de "la bataille des sexes" qui l’opposa au champion vieillissant Bobby Riggs à Houston.
- le très coloré André Agassi, qui révolutionne à partir de 1986, les polos blancs aux motifs ternes de ses collègues (souvenez vous des losanges du maillot Adidas d’Ivan Lendl…). Il ose porter des shorts en jean, des couleurs fluo un peu partout, il va même jusqu’à porter une sorte de short de cycliste (sans peau de chamois quand même …).
- John Mac Enroe en fin de carrière s’y mettra aussi, l’enfant terrible des courts définira avec son équipementier Nike, une ligne de vêtements tennis. Plus tôt, le jeune retraité des courts, Bjorn Borg avait aussi tenté sa chance dans la mode … en pure perte, sa société dût fermer en 1990.
- les années 1990 verront émerger deux poids lourds du sportswear (les trois bandes et la virgule) au détriment des "petites" marques, telles que Ellesse, Tacchini, Le Coq Sportif (les tenues de Yannick), Slazenger,etc… C’est l’heure des innovations techniques dans les matières utilisées pour augmenter le confort du joueur.
- Un exemple flagrant du choc des mondes du tennis, de la mode et des célébrités : Anna Kournikova. Nous sommes en 1997, une jeune russe de 16 ans dispute une demi-finale du tournoi de Wimbledon. Elle entrera peut de temps après dans le Top 10 mondial. L’année d’après, elle se blesse au pouce à Eastbourne et commençe sa lente descente dans l’enfer de la Jet-Set. Elle se reprendra peu à peu jusqu’à atteindre les quarts de finale en Australie en 2001. Une blessure de fatigue la précipitera de nouveau dans les affres du sport business. Las, elle gagne plus sur les podiums qu’en trimant sur les courts. A noter qu’elle n’a toujours pas annoncé qu’elle arrêtait définitivement sa carrière.

Puis vint Maria Sharapova … et sa victoire à Wimbledon en Juillet 2004 à l’âge de 17 ans. Tout est professionnel : son tennis bien sûr - elle a depuis remporté de manière magistrale l’US Open 2006 - et son image (ou plutôt la gestion de celle-ci) et tout ce qui en découle : ses tenues, ses sorties, ses déclarations. Le jeune femme russe va rendre le tennis féminin vraiment médiatique et quasiment "imposé" son goût prononcé pour la mode : Nike lui designe des chaussures spécifiques avec une bordure en or 18 carats pour Wimbledon 2005. Sa tenue pour les matchs en soirée à l’US Open 2006 s’apparentait beaucoup plus à une robe (courte) de soirée noire avec des paillettes.

Elle sera aidée dans sa tâche de starification de la plantète féminine du tennis par les deux soeurs Williams, athlètes exceptionnelles qui ont conquis à elles deux 7+5 titres du Grand Chelem, et plus particulièrement par la cadette. Serena, la dernière joueuse en date à avoir remporté un Grand Chelem, soit les 4 titres consécutivement. Celle-ci pense "être née pour être une créatrice". Et elle n’hésite pas à porter ces propres modèles, comme ce genre de cuissardes qu’elle a porté à l’US Open il y a quelques années ou sa jupette de danseuse étoile qu’elle aborrait encore en 2006.

Finalement, n’est pas créateur qui veut… Le sport et plus particulièrement le tennis, est devenu assez vite très médiatique à partir de la deuxième moitié du XXe siècle. Etre regardé, filmé, interviewé, analysé a des conséquances naturelles sur l’apparence, doù l’arrivée de créateurs et de multiples innovations dans le vêtement pour pratiquer le tennis. Et ce phénomène est amplifié à chaque fois qu’une joueuse ou un joueur a quelque chose de spécial : Sharapova est belle et très précoce tennistiquement, Federer gagne tout, il est au dessus des autres, les soeurs Williams ont dominé le tennis féminin au début des années 2000 en remportant à elles deux 9 titres du Grand Chelem sur les 3 première années du XXIe siècle, en jouant pas moins de 6 finales l’une contre l’autre. Une star peut tout se permettre, une étoile est de toute façon belle quoiqu’elle fasse ou dise… Heureusement, le All England Croquet and Lawn tennis club veille aux traditions … chaque partie doit se jouer en blanc !

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